Les bases de la culture sur butte

Système de production écologique, autosuffisant et durable, la culture sur butte est à la portée de tout jardinier. Pour bien débuter, cet article résume ses principes de base et présente quelques notions essentielles de permaculture et d’agroécologie.

Article ajouté le 23/03/2017

Bien qu’elle nécessite un certain travail au départ pour aménager l’espace et construire les buttes, ce type de culture est une technique d’agroécologie aux nombreux avantages et de plus en plus utilisée par les jardiniers amateurs. Dès lors que les buttes sont installées, elles sont pérennes. Les récoltes y sont abondantes, de qualité, et l’entretien est réduit au strict minimum puis qu’on ne touche plus à la terre. Le système est dit autosuffisant et se régénère de manière autonome par la vie microbienne du sol et la décomposition des végétaux, leur feuillage hors-sol et leurs racines souterraines. Il n’est plus nécessaire de labourer la terre ni de réaliser des apports d’amendements chaque année. Le désherbage est également largement simplifié grâce à l’épais mulch qui recouvre la butte. 



Pour simplifier, une butte se conçoit par des couches de matières carbonées et de matières azotées, recouvertes d’un mulch de protection. 

  • La matière carbonée correspond à de la matière dite brune. Elle est sèche (sans sève), riche en carbone et à décomposition lente. Il s’agit par exemple de broyats de bois, rondins, bûches, branchages, feuilles mortes...
  • La matière azotée correspond à de la matière dite verte. Elle est humide, riche en azote et à décomposition rapide. Il s’agit par exemple de tonte de pelouse, feuilles vertes, racines mortes, fanes de légumes...

Ce système de production agricole permet de cultiver tous types de légumes sur tous types de sol qu’il soit sableux, rocailleux, argileux. En pratique il existe autant de buttes que de jardiniers. La hauteur et la largeur varient selon les régions, le type de plantation, les habitudes de jardinage, l’espace disponible... Pour une ergonomie optimale, il est recommandé d’aménager des buttes d’une largeur d’1,20 m avec des couloirs de circulation entre les buttes suffisamment larges, de 30 à 50 cm. Les formes des buttes et des chemins de culture sont diverses (courbe, rectiligne, en escargot ou en pyramide). On peut élever des bordures en bois ou en pierre pour maintenir la butte et mieux sectoriser les espaces de culture. Pour ce qui est de l’exposition, elle dépend des cultures et du climat.

À lire : Comment faire une butte de culture ?

Un peu d’histoire

Naturaliste espagnole venue s’installer en Provence dans les années 1960, Emilia Hazelipp a fortement contribué au développement de la permaculture en France et créé le concept d’agriculture synergique sur butte. Elle s’est notamment inspirée des travaux du japonais Masanobu Fukuoka, pionnier de l’agriculture naturelle excluant le travail de la terre, l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques. Bill Mollison et David Holmgren, deux écologistes australiens considérés comme les cofondateurs de la permaculture, ont également travaillé à la réalisation de systèmes agricoles en buttes.

Ouvrages de référence

  • La révolution d'un seul brin de paille de Masanobu Fukuoka
  • Introduction à la Permaculture de Bill Mollison
  • Permaculture tome 1 et tome 2 de Bill Mollison
  • Permaculture de David Holmgren

Les avantages de la culture sur butte

  • Faible entretien. Aucun travail de labour et peu de désherbage manuel.
  • Espace riche et vivant. Fertilisation naturelle de la terre. Pas besoin d’apporter d'engrais. Pas d’utilisation de pesticides ni d’herbicides.
  • Production abondante et possibilité de culture en toutes saisons.
  • Développement de la biodiversité et de la vie microbienne du sol. Constitution d’un écosystème durable. Travail en associations de culture.
  • Bonne rétention d’eau et bon drainage des eaux de pluie. Terre toujours prête à l’emploi. Pas de risque d’engorgement et de pourrissement des racines. Bonne résistance à la sécheresse.
  • Réchauffement rapide de la terre au printemps et protection contre le gel en hiver.
  • Confort du jardinier qui n’a plus à se baisser au sol. 
  • Recyclage des déchets de jardin, de potager (taille, tonte, mauvaises herbes) et de cuisine.
  • Possibilité de produire ses propres semences paysannes qui vont s’adapter à l’environnement (climat, sol, faune), être plus productives et mieux résister aux maladies, ravageurs et parasites.
  • Surface de culture plus importante. Possibilité de planter en quinconce, plus serré que dans un potager classique. 
  • Création de microclimats adaptés aux besoins des plantes sur les différents versants la butte (expositions ombragées, ensoleillées, à l’abri des vents). 

L’inconvénient principal de la culture sur butte est le gros travail de mise en place qu’elle implique au départ, avec l’apport de matières premières carbonées et organiques. Il peut y avoir un important désherbage la première année mais il va progressivement disparaitre avec le temps.

Les grands principes de la culture sur butte 

La culture sans labour

Pour éviter le travail de la terre, la méthode consiste développer la vie du sol. La vie anaérobie en profondeur mais surtout la vie aérobie de surface. Les micro-organismes (bactéries, champignons, vers de terre, cloportes…) vont coloniser le sol, se charger de décomposer la matière, le fertiliser le sol et aérer naturellement la terre, avec chacun leurs rôles. Par exemple, le mycélium du champignon va stocker l’eau et les nutriments tandis que les vers de terre vont purifier la terre et l'ameublir.
Pour éviter de compacter la terre, le jardinier doit se déplacer uniquement sur les plates-bandes de circulation entre les buttes. Dans ce même but de maintenir la terre souple et aérée, il est conseillé d’enchaîner un maximum les cultures et de ne pas laisser la butte vide, afin qu’un réseau de racines souterraines ameublisse la terre en permanence. Il ne faut pas non plus hésiter à planter serré. En cas de période sans culture, on peut envisager de planter des engrais verts (phacélie, sarrasin, moutarde, colza) pour décompacter le sol si nécessaire.

La culture en sol couvert 

Dans la nature qui nous entoure, les sols nus n’existent pas. Les sols forestiers sont recouverts d’une couche de feuilles mortes et d’humus, tandis que les sols des prairies sont recouverts d’une couche végétale d’herbage. Et pour cause, lorsqu’une terre est directement exposée aux intempéries, à l’air, au gel, aux rayons du soleil, la vie microbienne ne peut s’y développer correctement. 
Toujours dans le but de développer la vie du sol, on applique ce grand principe en recouvrant la butte d’un mulch ou d’un paillis d’une épaisseur de 10 à 20 cm et ceci durant toute l’année. Il peut être réalisé avec du BRF (bois raméal fragmenté, de la paille, du carton, de la laine de mouton ou toute autre substance naturelle biodégradable. 

La culture en place 

Lorsque les légumes sont récoltés, les plantes sont laissées en place jusqu’à ce qu’elles finissent leur cycle végétatif. Ce principe a plusieurs intérêts. Il permet aux plantes qui montent en graines de se ressemer naturellement. On peut ensuite récupérer les graines ou laisser les jeunes pousses se développer pour ensuite les transplanter à d’autres endroits. Après la fanaison, les plantes laissées en place participent également à la fertilisation du sol. Le feuillage fané intègre le mulch tandis que les racines riches en nutriments se décomposent dans la terre. L’apport d’engrais n’est pas nécessaire. 

La polyculture en association 

Pour prémunir ses plantations contre les maladies, les parasites, les insectes et attaques en tout genre, sans utilisation de produits chimiques, la plus efficace des solutions consiste à multiplier les cultures, les intégrer les unes aux autres en créant des associations positives et en favorisant la biodiversité au jardin. On ne crée plus de rang monoculture mais on plante en quinconce sur une même butte, plusieurs variétés de légumes dont les cultures s’accordent, en intégrant des plantes et fleurs dites utiles comme les soucis, les capucines, la citronnelle, la bourrache ou la lavande, qui vont repousser certains nuisibles et attirer les insectes utiles ou pollinisateurs. L’expérience montre aussi que laisser se développer quelques plantes sauvages et adventices favorise la biodiversité. 

La culture sans traitement

Le recours à n’importe quel produit chimique est à proscrire, qu’il s’agisse d’engrais ou de traitement, même lorsqu’ils sont dits compatibles avec une agriculture biologique. Hormis le fait de vouloir produire des légumes sains, leur usage aurait pour effet de perturber la vie du sol et la biodiversité du potager. En pratique, plutôt que de tenter d’éliminer par des traitements chimiques, les pucerons, limaces, chenilles et autres ravageurs, il est toujours préférable d’essayer d'accueillir des prédateurs naturels (crapauds, hérissons) et des insectes auxiliaires (coccinelles, carabes, chrysopes) afin de maintenir l’écosystème. 


La culture sur buttes 

Cette vidéo proposée par la chaine permaculture agroécologie etc explique bien les intérêts d’un culture sur butte et la méthode pour la mettre en place au potager. La première vidéo “la culture sur butte 1”, aborde les notions de base évoquées précédemment et donne de nombreux conseils pour réussir ses cultures en appliquant les principes permacoles : biodiversité, multiplication des cultures, production de semences paysannes, développement de la vie du sol, recyclage des déchets…


Le Jardin d'émilia Hazelip (part 1)

Proposée par la chaîne Camera Cristalline, cette vidéo pédagogique présente les méthodes de culture de la terre en synergie développée par Émilia Hazelip. Elle expose de manière claire et par des exemples concrets, la mise en oeuvre d’une culture sur butte permacole, ses techniques et les bons gestes à adopter pour concevoir un écosystème durable et respectueux de la terre.

Pour plus d’informations 

Cet article a été rédigé par
Émilie V.

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